Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 23:58

cela fait 63 jours que je n'ai pas tapé mon mot de passe dans overblog. huit touches, un réflexe. réflexe presque perdu. identifiant incorrect. veuillez réessayer.

il y a 365 jours, je commençais ce blog. qu'ai-je accompli depuis? pas grand chose.

si, en fait beaucoup.

en un an, un an à taper par intermittence sur divers claviers, un an hésiter, se lancer, patienter. griffonner dans mon petit carnet noir, puis directement libérer ses phalanges sur le clavier, blanc lui, d'un blanc pâle, un peu sali par le travail des doigts.

un an. un demi-déménagement. un rendez-vous manqué. une pelleté de rencontres. des idées neuves et anciennes qui se mettent en place dans une tête en construction. qui s'installent, se libérent, s'étendent enfin d'un bout à l'autre de cet univers rosé. et pâle. prennent, enfin, les dimensions de cet univers. sans citer mes sources.

un an de grand bouleversements. et de micro-évènements. un an que j'apprend. un an que j'ai grandi.

j'ai découvert que l'ivresse me fait oublier mes pommettes, que les monde est fait de mots, que la vie est plus belle quand on a les ongles peints en violet, qu'il y aura toujours moyen de faire pire, que chacun est son propre ennemi, qu'il peu de choses aussi vivantes qu'une ville et que les obstacles les plus pernicieux résident quelque part, dans les méandres encore inexploré d'un magma crânien voué à la décomposition.

il y a un an, j'étais amoureuse. il y a un an, j'étais terrifiée. et je commençais réellement à vivre. peut-être qu'au fond, moi aussi j'ai un an. un an. 

il y a un an, un an jour pour jour, je me demandais ce que la vie me réservait. et elle ne réservait rien bien sûr, elle ne savait pas, la pauvre, elle improvise, et moi avec. elle ne prévoit pas. elle sème. elle dissémine par-ci par-là son lent poison. elle diffuse, elle se répand, sans savoir, sans prévoir les conséquences. elle me laisse doucement m'habituer à une idée, un acte que je vais commettre, ou plutôt non, que je vais, justement, abandonner. nous ne savons renoncer à rien. je ne renonce pas. je repousse. nuance.

un an. il y a un an, mon moi n'imaginait pas que son moi futur aurait tant avancé sur certains front, et tant piétiné sur d'autre. et, oui, front, la vie est un combat. si, si. la vie est un drame silencieux. une histoire pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien selon William. pleine de bruit et de fureur soit. mais on a coupé le son. et on ne voit plus que des corps qui se tordent lentement, comme l'anatomie plastifiée d'une Barbie qui, dans un lent couinement, tourne, prisonnière d'un un micro-ondes. et des bouches qui articulent, mais sur lesquelles on ne sait pas lire. la vie est un combat contre l'inertie des corps.

et peut-être que j'ai perdu.

 

je redécouvre doucement ce plaisir des bouteilles à la mer que j'avais, lui aussi, perdu. repoussé, laissé de côté. ou tout simplement oublié. il y a un an j'ouvrais cette fenêtre et elle était pleine de promesses. elles n'ont pas toutes été tenues et c'est de ma faute. mais nous ne savons renoncer à rien.

alors je continue.

 

j'ai assez fait la morte. il y a tant de mots qui doivent être inscrits, tant de choses qui pourront être dites, mais avant tout, il y a toutes ces choses qui doivent être vécues. et retranscrites. il y a des murs contre lesquels il va falloir se cogner.

 

car nous ne savons renoncer à rien. nous ne savons que trouver des excuses. et remonter en selle, parfois.

 

joyeux anniversaire boitagants, ta vie est aussi chaotique que le cerveau qui te fait naître, mais puisque nous sommes sur ce tapis roulant, avançons pour ne pas tomber et nous faire piétiner par une horde de quadras en jooging. tu as aujord'hui un an, voyons ce que le monde nous réserve ou plutôt, voyons ce qu'il va créer pour nous, ce que nous allons créer pour lui. voyons ce que nous pouvons accomplir en 365 nuits... top.

Par boitagants
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 18:25

depuis que je n'ai plus de temps, depuis que le monde au dehors m'étonne, depuis que je dévisage les gens dans la rue, depuis que je souris aux clodos, depuis que je ramasse des bouts de plastique orange dans la rue, j'aime la ville.

j'aime le type moustachu, lunettes rondes, pull de laine, entre deux âges et l'air sérieux, assis sur le perron de sa maison mitoyenne, quartier huppé, fenêtres ouvertes en décembre. ses pieds qui reposent sur le trottoir et sa guitare qu'il accorde sur ses genoux, tandis que les baffles de son salon hurlent à plein volume un bon vieux rock, qui vient couvrir celui de son instrument.

j'aime la dame à écharpe beige qui a accostée la petite portugaise à poussette dans le bus pour lui demander où elle avait acheter une si appétissante mâche. et j'aime les recettes qu'elles échangent, et l'air ravi de la petite dame, qui rougit d'être ainsi utile, tout en retenant son bébé pour qu'il ne mange pas les feuilles qui dépassent.

j'aime le monsieur dans le train qui a monté et descendu ma valise, reçu un e-mail d'un collègue de bureau qui programme le pot de noël, et qui a finalement passé le reste du trajet à étudier un commentaire détaillé du Nouveau Testament, en faisant semblant de ne pas remarquer la voisine qui, curieuse, lisait par dessus son épaule.

j'aime le type qui a poireauté devant le panneau d'affichage à côté de moi pendant 45 minutes et qui, m'apercevant dans le même wagon que lui, lance un bref sourire, qui veut dire "tiens, c'est amusant".

j'aime les brèves communions de pensée. j'aime le fou rire avec les voisins de tram. j'aime ceux qui plantent leurs écouteurs dans leurs oreilles, et s'appliquent à prendre l'air ailleurs.

j'aime la discussion dui chauffeur avec un collègue, la passion qu'ils mettent à échanger des adresses de rebouteux, à parler de leurs problèmes de dos, du prix de leur dernière renaut, et l'histoire du collègue qui est intervenu lors d'une agression.

j'aime bien être là et écouter les gens. et regarder. comme ça.

depuis que je n'ai plus de temps, il y a des jours où les gens qui courent après le bus... il y a des jours comme au cinéma.

depuis que je n'ai plus le temps d'aller au cinéma, j'aime la ville. et les transports en commun.

 MGP3916

 

Par boitagants
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Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 17:37

les serveurs appelent "mademoiselle" les bougeoises de quarante ans qui remettent en place les mèches courtes de leurs brushings récents d'un coup de main baguée et "madame" les étudiantes échevelées, besaces débordées et yeux cernés, qui commandent un bouteille d'eau minérale au bar et vident leurs petite monnaie sur le comptoir, un livre annoté à la main.

 

blasé

 

et cet homme à l'air blasé. ou juste un peu ailleur. sur le départ.

 

 

Par boitagants
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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 17:53

la fille juste là de l'autre côté, elle a la même voix que toi. les mots, les phrases, l'intonation, tout quoi. elle appuie parfois sur les "o", elle ri et elle prononce comme toi. ses expressions et son vocabulaire, ce sont les tiens, à toi.

 

alors moi, je lui parle comme je te parle, à toi.

alors elle, elle me regarde étrangement, elle ne me comprend pas.

comme si moi je la connaissais, mais qu'elle pas. 

moi, je parle à une amie, elle à une étrangère.

moi, je te parle à toi, quand je parle à elle.

 

et c'est troublant tu sais, de te voir en elle. de te reconnaître comme ça. mais ce n'est pas toi.

 

cette fille ne sera pas mon amie, elle n'est qu'une pâle copie de toi. je ne la connaitrai jamais, car en elle je ne verrai jamais que toi.

 

et c'est étrange tu sais, cette sensation de te croiser parfois. te serais-tu reconnue en elle?

 

mais ce n'est pas toi.

Par boitagants
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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 22:36

un mois d'août à septembre, un mois de septembre, un mois de l'été à l'automne. et l'automne qui s'installe, malade, épuisé par trop de fuite du temps. et Apollinaire qui se penche sur notre épaule. et les sanglots longs du vent dans les feuilles vivantes.

un mois de temps qui fuit, qui glisse entre les doigts, entre les pages, qui s'insinue imperceptiblement. un mois de temps qui s'échappe. temps, roi de l'évasion.

un mois qui m'échappe.

et tous les êtres dans la rue, la foule humaine tout en pieds et en pas, qui portent le temps au poignet gauche, comme un talisman, un joyaux. la main soutient la tête et le cliquetis précis de l'objet raisonne dans le pavillon de l'oreille, qui ne fait plus que l'écouter.

un mois passé, s'envolant.

je ne m'ennuie plus jamais.

et le brouhaha déroutant, le galimatias entêtant des paroles, qui se mêlent et s'emmèlent dans l'air désormais refroidit.

 

et un jour, la question : dis qu'as tu fais, toi que voilà, de ta jeunesse?

et la réponse : j'étais accoudée à la fenêtre, je regardais le temps passer.automne

 

Par boitagants
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